Cadre Urbain
1) Plan de la ville:
La médina de Tunis se présentait sous une forme ovale, entourée d’une muraille continue et dominée par une Kasba, siège du gouvernement Almohado-Hafside. Elle s’édifie autour du centre religieux de la grande mosquée Ezzaytouna, ouvrant sur une large esplanade servant à la fois de marché, de lieu de réunions publiques et de place pour les parades militaires, au voisinage de laquelle s’ordonnaient les Souks des marchands et des artisans. Autour de ces souks s’élèvent les habitations particulières avec leurs ruelles étroites.
Le tracé des artères de la ville est loin d'être rectiligne. Il dérive très souvent à droite et à gauche pour donner naissance à des ruelles étroites et à des impasses et cul-de-sac en grand nombre. Ce qui donne l’impression en parcourant la médina et ses faubourgs qu’aucune réglementation précise n’est intervenue, depuis la conquête de Hassan Ibn Nomâne (698), dans l’alignement des rues et la construction des habitations. En fait Tunis s’est développée sans aucun plan. Les maisons étant alignées en bordure des limites ou des prétendues limites de constructeur et non sur celles du domaine public le plus souvent imprécis, d’où la création de ruelles tortueuses, se terminant, assez souvent, en cul-de-sac.
2) Les remparts et les portes (Bab):
Tunis est devenue un véritable carrefour. Les besoins de circulation routière ont également commandé l’orientation des portes de l’enceinte de la ville. On comptait pour la première enceinte (celle de la Médina centrale) un nombre de Sept portes, quant à la seconde enceinte (des faubourgs), elle renferme dix portes (cinq pour le faubourg Nord et cinq pour le faubourg Sud). Peu à peu, l’enceinte de la médina est tombée en ruine, pour disparaître complètement entre 1860 et 1890. Quant à la seconde, elle est encore visible, depuis Bâb -El- Khadra jusqu’à Bab-Gorjani, en passant par la Kasbah.
Ces remparts étaient doublés d’un fossé creusé à distance: grâce à cette double fortification l’accès de la ville, en cas d’attaque était rendu plus difficile.
Parmi ces portes, on cite:
- Bab EL -Bahr: (porte de la mer)
Appelée ainsi pour sa situation du coté du lac et de la mer. Cette porte est appelée par Les européens «porte de France» nom qui a commencé à se répandre vers 1890.
Cette porte remonte, certainement, à une période plus ancienne de l’histoire de Tunis musulmane. Elle a été l’objet de remaniements continuels à travers les siècles.
- Bab carthaginna; (porte de Carthage)
Ainsi appelée parce qu’elle donnait accès à la route terrestre qui menait à Carthage, et a disparu bien avant 1881. A l’époque arabe la route de Carthage était surtout utilisée pour le transport des matériaux de construction que l’on retirait des ruines de la vieille cité romaine
- Bab Souika (porte du marché)
Lieu où existaient la vente et l’achat de marchandises venues surtout de Bizerte, Béja et du Kef.
- Bab EL Menara: (porte du fanal)
Nom rapporté par une tradition, à cause d’un phare qui surmontait l’ancien palais des Beni Khorassân. Selon une autre hypothèse, il s’agit d’une grosse lampe à huile qui était placée dans une niche d’un des piliers de la porte et qu’on allumait la nuit pour éclairer les caravanes qui longeaient la route des remparts.
- Bab Al-Djazira: (porte de la presqu'île)
C’était une des plus vieilles porte de Tunis, orientée vers le Cap Bon et donne passage aux voyageurs qui se rendaient à Kairouan. Elle débouchait à la rue des teinturiers.
3) Les axes de la ville :
Tunis est une création originale de la route terrestre qui passait à travers l’isthme étroit où la ville a pris naissance. Les fonctions de relais, de passage et de transit qu’elle assurait dès l’aube de l’histoire et que l’intervention de l’émir Hassen Ben Nomane a renforcé, paraissent avoir commandé l’orientation de certaines rues transversales de la médina, qui relient entre les deux faubourgs celui de Bab-Souika au Nord, et de Bab El Djazira au Sud.
A coté de cet axe, deux artères principales joignent parallèlement la porte de la mer, l’une à la Mosquée Ezzaytouna (appelée aujourd’hui rue de la grande Mosquée) et l’autre à la Kasbah.
L’axe Nord-Sud est le principal trajet urbain qui axait Bab Souika, Bab Al Djazira et empruntait les rues Sidi Mehrez, Souk-El Hoût, Souk -El Grana, Sidi Saber et la rue des teinturiers, sans que cet itinéraire ait une valeur absolue, vu l’enchevêtrement actuel des rues arabes.
Un trajet extérieur empruntait le chemin qui longeait les remparts du coté du lac et qui devait donner naissance à l’époque moderne aux rues Bab Souika, Bab Carthagène, des Maltais et Al Djazira.
Un second trajet extérieur longeait les remparts a l’Ouest, moins utilisé parce qu’il fallait contourner l’obstacle de la colline: La Kasbah.
Ces quatre voies principales aboutissant chacune à une porte ouverte dans les remparts et partagent, de la sorte, la ville en quatre grand quartiers.
3) La Kasbah :
Depuis que le souverain Aghlabite, Ibrahim II eut décidé de quitter Kairouan, en 893 pour s’installer à Tunis, la Kasbah est devenue un lieu déterminant du pouvoir. Conçue comme une cité indépendante, puissamment fortifiée et séparée de la médina par un mur, elle s’était substituée à la cité dans les domaines politique et militaire.
La Kasba est la plus ancienne caserne de Tunis. A l'origine, elle était une citadelle dont les remparts s'adossaient à ceux de la Médina.
Ce lieu extérieur à la ville fut renforcé (en 1235) par l'édification d'une mosquée, qui s'appelait, à l'origine, Mosquée des Almohades ( édifiée par le fondateur de la dynastie hafside Abou Zakaria Ier ).